La Bible prend de plus en plus de place chez nos voisins du sud et il ne faut pas se surprendre qu’Hollywood cherche à profiter de cette foi renouvelée. Les forces de l’enfer et des cieux s’affrontent dans le film The Reaping, où une petite ville de Louisiane est aux prises avec dix plaies semblables à celles que Moïse avait envoyées au visage du pharaon d’Égypte pour le convaincre de libérer son peuple dans l’Ancien Testament. Mais l’Exode n’était pas suffisant pour les scénaristes du film, on y a ajouté un peu de l’Apocalypse, où l’on a été puiser un bel antéchrist tout neuf pour épaissir la sauce et ajouter un peu de piquant à la recette. Mais malgré le fait qu’on connaît tous cette histoire sur laquelle repose le scénario, on a immensément de difficulté à la suivre tellement il y a abus de flashbacks, rêves, hallucinations et autres fioritures cinématographiques. On a également droit à une finale « inattendue », où tous les indices donnés au cours du récit nous sont soulignés à gros traits pour être certain que le spectateur demeuré que nous sommes ait bien compris un tel tour de force scénaristique. Ne reste plus qu’à se rabattre sur certaines scènes relativement efficaces et sur la performance honnête de l’excellente (et très jolie) Hilary Swank qui doit avoir fait de grosses dépenses pour devoir jouer dans un film aussi mal écrit malgré son impressionnante feuille de route. Dommage que The Reaping soit raté. En Italie dans les années soixante-dix, on se servait de la Bible pour faire des histoires originales et effrayantes. Aux States, on s’en sert pour faire la piastre en surfant sur une vague de foi. Amen.
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